…je te laisse m’accompagner chez le Gynéco !
Est-ce que ça le fait ?
1997. Une gamine. Quelque part dans une classe de sixième. Et ces quelques mots à la bouche : « Comme beaucoup de filles, tu rêves d’être Brenda, d’avoir ton Dylan et d’insulter ton papa… ». On a tous un jour ou l’autre chanté cette chanson, nous exhortant d’aller voir le docteur. Bon nombre d’entre nous, moi la première, n’étaient pas insensible au charme du fameux Docteur du Secteur Ä si ce n’était pas de son chaud lapin d’acolyte Stomy Bugsy.
Première Consultation aura donc été l’album de mes 11 ans et Doc Gyneco, le premier à m’avoir attirée dans l’antre du « rap ». Bien souvent je ne comprenais pas ce qu’il disait et il est évident que le sens de la majorité de ses métaphores, plus ou moins graveleuses, m’échappait. A vrai dire Beregovoy et Senna ne faisaient pas partie des gens auxquels je m’intéressais, je n’étais pas Une Fille Du Moove et bien loin encore d’être une familière des sapes serrées de Morgan ou Kookaï, des sucre d’orge ou autres gâteries. Et pourtant, je m’appliquais dans un effort d’apprentissage intense et régulier.
14 titres, 14 succès ? Pas loin. Comment départager un Né Ici et sa saveur sucrée des îles, d’un Vanessa tout aussi chaud ? Et un Passement De Jambes d’un No Se Vende La Calle ??! Il avait la verve vive et libérée le Doc Gyneco : des tass-pé à foison, des spéculums en veux-tu en voilà et bien entendu du sexe en open bar… Ca ne l’empêchait pas d’être, avant tout et surtout, un lover ! Car finalement Vanessa et Ma Salope à Moi ne sont-elles pas finalement deux belles déclarations d’amour à la sauce Ministère A.M.E.R. ? Et bien qu’on puisse résumer cet album aux filles, le Doc n’en oublie pas moins d’aborder des sujets dirons-nous plus « graves » : une « avant-notoriété » pas toujours rose, une célébrité pas toujours assumée, un ras-le-bol de vivre, toujours avec un flow nonchalant mais néanmoins percutant et une certaine dose d’humour. Quand un Nirvana, nous laisse entrevoir les faiblesses du porte-parole, commis d’office, de la fumette, Tel Père, Tel Fils revient sur l’absence d’un père pas forcément bien digéré.
Je sais bien que je me risque là dans le rôle de l’avocat dont le client est pourtant, aux yeux de tous, coupable. Mais bon, quelques soient les nouveaux engagements de son auteur, ses déboires dans les magazines, Première Consultation, fait incontestablement partie de ses albums qui ont marqué ma jeunesse (votre jeunesse ?). Je peux l’écouter encore maintenant, quelques onze ans après, et me surprendre à connaître la totalité des textes. Oserai-je, les yeux baissés, balancer un «qui dit mieux?»…
-Q-

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