Dessin by Benoît Greant ©, http://www.benoitgreant.be/blog/

lundi 27 octobre 2008

… on se la joue néo-hippies made in Brooklyn !

Ça fait plusieurs mois, deux, peut-être trois que cet album hante mon i-pod et j’ai beau essayer je n’arrive pas à m’en dégoûter. Et quand bien même j’essaie, il y en a toujours un qui, se croyant plus malin que les autres, me sort un nouveaux remix. Alors comme à chaque fois je me replonge dans l’originel… En même temps, c’est vrai qu’il est électrifiant et « orgasmant » cet album.

Donc oui j’aime MGMT. Je fais partie de cette espèce surdéveloppée dans nos contrées. D’abord parce que je n’avais jamais pensé à abréger le mot « management » de cette façon et ensuite parce que leur album Oracular Spectacular est vraiment chouette. Plaisant à écouter, à chanter, à danser... Là vous vous dites que ce n’est pas encore sur cette chronique que je vais réussir à balancer des insanités et vous avez raison.

L’album aura fait pas mal parler de lui depuis sa sortie. Alors que certains en déplore la pauvreté musicale, pour d’autres il semblerait qu’aucun titre ne soit à jeter : du premier Time To Pretend, largement diffusé sur les ondes, au dernier Future Reflections, un peu plus absent des programmations. Et j’aurai bien du mal à me mettre dans la peau du détracteur de l’histoire. Sur moi aussi, la magie opère… Rien d’étonnant avec un titre d’album digne des meilleurs grimoires d’Harry Potter : ça ne signifie à peu près rien mais comme toute formule magique l’effet est garanti.

Néanmoins cet album n’a rien de si exceptionnel, si magique, ou si extraterrestre. Il me fait plus penser à ces artistes des sixties/seventies que mon père a pu écouter sur vinyles qu’à quelque chose de nouveau. Un bon Sonny & Cher déglacé au vinaigre Bowie. Les Rolling Stones qui se déguiseraient en Bee Gees le temps d’un album. (Ok, je sais, en ce moment je donne un peu trop dans la métaphore à deux balles.) Au final, on n’y trouve pas grand-chose de plus que ce qui nous plaisait déjà chez Arcade Fire, Sonic Youth et Sigur Ros. Mais bon voilà, je mets « play » et j’suis incapable de dire non à un Electric Feel supplémentaire, qu’importent les files à se taper pour le recevoir. Et s’il n’y avait encore que ça. Le problème est récurrent avec Kids, Pieces Of What, Handshake et le, à la fois lancinant et dynamisant, Futures Reflections qui finit de m’achever. On mettra ça sur le compte de la diversité, du mélange d’influences psychédéliques, folk hippie, disco, électro et pop dont regorge l’enregistrement.

En plus de ça, Oracular Spectacular est un album presque atemporel. A la maison, dans la voiture, au bureau, dans ton l’I-pod, il s’écoute partout : en tous lieux et tous temps, sauf en concert apparemment… Voilà le hic, la petite chose qui fait grincer des dents. Là où un live des Midnight Juggernauts, ou de Moriarty se libère des chaînes de l’album pour nous offrir du neuf, nos deux compères de MGMT se limitent à nous jouer la playlist déjà tellement écouté. Alors forcément, à la sortie, on a tendance à se dire qu’écouter l’album dans notre AX GTI aurait été tout aussi envoutant. On vous aura prévenu, après tout le monde, après que vous en ayez fait la fâcheuse expérience peut-être, mais on vous aura prévenu quand même…

Si après vos 23 écoutes hebdomadaires, vous finissez, enfin, par vous lasser d’Oracular Spectacular mais pas de MGMT, mettez-vous ou remettez-vous à leur excellent premier EP Time To Pretend. Passé un peu plus inaperçu, il contient pourtant de très bon titres : des versions plus softs des tubes Time To Pretend et Kids, et un majestueux Boogie Down!

-Q-