Dessin by Benoît Greant ©, http://www.benoitgreant.be/blog/

vendredi 29 février 2008

… Je te fais tester l’ecstasy sans y toucher.

« Là où ça a dérapé, c’est quand on a décidé que l’amour avait besoin de preuves. […]

Au début, ce n’était pas grand-chose. Elle me demandait de me retenir de respirer pendant une minute. Si j’y parvenais, ça voulait dire que je l’aimais. C’était facile. Après elle me laissait tranquille pendant quelques jours. Mais c’était moi qui revenais à la charge. […]

C’est devenu chacun son tour. L’escalade n’a pas tardé. Pour lui prouver mon amour, j’ai dû successivement :

- lécher la cuvette des chiottes ;

- boire son pipi ;

- lire en entier le roman de Claire Chazal ;

- montrer mes couilles dans un déjeuner d'affaires;

- porter des pinces crocodiles sur les seins; […]

De mon côté, pour vérifier qu’elle m’aimait, je l’ai forcée à :

- manger une crotte de chien ;

- porter un godemiché dans le cul pendant 3 jours sans pouvoir faire caca;

- se faire percer le clitoris sans anesthésie ;

- rester attachée à un feu rouge pendant une journée entière, uniquement vêtue de lingerie ; […]

C'est sûr: la guerre était un peu déclarée. »

Frédéric Beigbeder, in Nouvelles Sous Ecstasy.



J’vous l’accorde c’est dégueu, ça donne envie de vomir (non ? vous n’avez pas lu le récit complet…), de gerber, de crier « mais quel gros porc !» avec une expression de dégoût imprimée sur le visage. En même temps on m’avait prévenu. C’est qu’elle porte bien son nom cette nouvelle : « La nouvelle la plus dégueulasse de ce recueil », on ne peut plus clair.

Et il ne paye pas de mine ce recueil de Frédéric Beigbeder.

Une centaine de pages écrites en moyen gros où Beigbeder nous fais part de son parcours avec l’ecstasy, ou du moins celui de ses personnages, au travers de quatorze nouvelles produites sous son influence. La première, pouvant paraître déroutante, n’est qu’une succession de questions, mises les unes à la suite des autres pour un enchaînement on ne peut plus logique, un peu plus loin une autre vous racontera la première prise d’ecstasy comme une première gorgée de bière, tandis que l’ultime nouvelle finira de vous achever. Car ce livre n’est finalement pas si différent d’une prise de drogue, on monte et on descend au gré de la volonté d’un Fréderic Beigbeder slalomant entre romantisme et sadisme.

Au bout du compte, le résultat est plutôt réussi. Je dois avouer que j’ai aimé, pas pour le caractère sado-maso, vulgaire ou violent que l’on peut parfois y trouver au détour de certaines pages. Non pas réellement pour ça, mais sans doute pour la folie, l’extravagant, l’illégal, l’interdit et surtout l’amour… Parce que finalement il ne parle que d’amour ce recueil, d’amour et de drogue. D’amour caché, d’amour gâché, d’amour incompris et de drogue, enfin d’ecstasy. Pilule de l’amour appréciée, apprivoisée, consommée toujours pour aimer mieux, pour aimer plus.

A 21 ans, je suis loin d’avoir fait les 400 coups, et après avoir lu ça, j’avais pourtant l’impression d’en avoir beaucoup trop fait ou du moins beaucoup trop lu.

Mais si c’était à refaire, je recommencerais…

-Q-

mardi 26 février 2008

... Je vais te chroniquer Cloverfield : le nouveau monstre hollywoodien !

A l'heure des grandes chaines de télévisions, d'internet et de la téléphonie mobile l'information ne s'est jamais transmise aussi vite, de ce fait nous pouvons tout savoir sur les blockbusters avant même leur sortie. Mais J.J. Abrams, réalisateur de la série Lost, a réussi à échapper à ses monstres infernaux des médias pour garder ultra secret sa nouvelle bombe.


Tout a commencé sur Internet avec un teaser sans voix-off, où l'on voyait une fête battre son plein dans un immeuble de Manhattan, rapidement interrompue par une série d'explosions... et rien d'autres, si ce n'est le nom de J.J. Abrams et la date de sortie US du film, ce qui a suffit à attiser la curiosité de milliers d'internautes et ainsi créer un buzz sans précédent sur la toile, les internautes essayant de décoder les mystères qui planent autour de ce teaser. Pour que rien ne filtre J.J. Abrams a evidemment sorti le grand jeu, le tournage était verrouillé : le film a été tourné en 33 jours, les acteurs, qui découvraient le script au fur et à mesure du tournage, étaient inconnus du grand public et ont signé un contrat leur interdisant de révéler la moindre information, et pour finir le film a changé plusieurs fois de nom. Autant dire que le mystère était entier, et l'est resté jusqu'à la sortie du film.


Maintenant on peut se demander : comment détruit-on Manhattan pendant 33 jours, pour 1h30 de film, sans que cela se sache ?



Cloverfield commence donc paisiblement lors d'un réveil, à l'aube, avec une vue imprenable sur la grandeur de Manhattan. Nous nous retrouvons rapidement dans un grand appartement new-yorkais où de nombreux amis de Rob lui ont organisé une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux nous faisons la connaissance de Hub, chargé de tenir la caméra pour immortaliser la soirée. Et la fête bat son plein jusqu'à ce qu'une secousse inattendue vienne interrompre les esprits échauffés. Tout le monde se précipite dans la rue, aperçoit une ombre, entend un son sourd... et la tête de la Statue de la Liberté vient s'abattre sur l'avenue. La soirée ne fait que commencer...


Certains pourront donc avoir l'appréhension de trouver ici un énième film de monstre, où les americains vont combattre la bête descendue d'une autre planète avant que celle ci ne détruise notre bonne vieille terre, et cette nation s'afficher une nouvelle fois dans une liesse populaire triomphatrice.


Détrompez vous, il en est tout autre dans le cas de Cloverfield l'intrigue étant basé sur notre bande de jeunes et sur leur survie. Cloverfield n'est pas le film d'un monstre mais le film de personnages.


Et J.J Abrams nous plonge au sein de cette fine équipe grâce à un système de caméra astucieux, mais pas révolutionnaire. Il emprunte en effet le système de caméra à l'épaule largement déjà exploité dans le Projet Blair Witch, nous suivons ainsi notre bande de jeunes via le caméscope tenu par Hub, et les images se succèdent, hachées, d'une force indiscutable. Mais si les images filmées dans le sautillement d'une caméra tenue à la main acquièrent une dimension de réalité démesurées, elles ne retiendront pas de filer la nausée à bon nombre de spectateurs, trop sensibles aux mouvements incessants de la caméra. Mais la force de ce point de vue est de permettre au spectacteur d'être plongé au coeur de Manhattan aux côtés de Rob et sa bande, cela est immersif à souhait et permet des images d'une beauté agressive comme on en a jamais vu avant dans un film de ce genre. Imaginez-vous courant vers le monstre pour atteindre la bouche de métro toute proche, des militaires derrière vous tirant sur la bête, et celle ci poussant des cris infernaux et détruisant tout sur son passage. Cela fait son effet, et vous fera décoller de votre siège.

Toute la qualité de Cloverfield tient dans son esthétisme, chaque scène est prétexte à en mettre plein la vue au spectateur, et cette surabondance d'effets visuels ne gâchent en rien le fond du film qui n'oublie pas que son récit tient sur la relation qui existe entre les personnages.


Donc oubliez Godzilla, l'Amérique a maintenant son propre monstre et il est énorme !

Gilles

mardi 19 février 2008

... Je vais te chroniquer le retour du roi de la pop !

Michael Jackson - Thriller 25th anniversary


Il est des destins qui après une multitude d'ascensions suivis de multiples déboires fascinent toujours les foules. Ainsi, des personnalités tel que Michael Jackson peuvent se permettre de dire : ««Michael Jackson a encore beaucoup à faire», en parlant de lui-même, ajoutant que sa «passion pour la musique ne s'arrêtera jamais» pour faire l'effet d'une bombe sur le web et dans la TV de la ménagère. En effet, « Michael Jackson a encore beaucoup à faire », alors que l'impatience nous rongeait depuis déjà plusieurs mois la réédition pour les 25 ans de l'incontestable chef d'oeuvre déçoit. Ce Thriller tend à se perdre dans la masse de réédition que nous a déjà servi l'artiste mais en plus frôle avec le gadget futile mais indispensable pour tout fan qui se respecte.

Cet « album anniversaire » nous sert donc de nombreux remixes de ses titres phares : Wanna be startin' something, The girl is mine, Billie jean, Beat it, et d'autres, où l'autoproclamé roi de la pop est en featuring avec les artistes en vogue du moment : Kanye West, Will.I.am, Akon et Fergie. Et se termine par un titre inédit : For All Time, pas si nouveau que ça puisqu'il avait été enregistré en 1982 mais n'avait pas été intégré à l'album originel. En écoute ici :

http://www.veoh.com/videos/v4119426Gj65kPyy.

Et s'ajoute à cela un dvd des clips de Billie Jean, Beat It, Thriller et le live de la star pour les 25 ans de la Motown.

Et Michael Jackson ne s'arrête pas là, en plus de marquer son retour chez nos disquaires il est de retour sur scène et c'est au O2 Arena de Londres que ça va se passer au printemps prochain pour une trentaine de dates. La star devrait toucher 1 millions de livres par show, de quoi remettre du beurre dans les épinards après ses ennuis avec la justice.

Le New MJ que l'on attendait tous pourrait donc nous sembler être enfin arrivé mais l'écoute de l'album nous fait rapidement déchanter. En effet, Michael Jackson est absent de cet album, ou non, c'est le Michael Jackson des années 80 qu'on retrouve et qui essaye tant bien que mal de se montrer moderne mais ça ne prend pas. Les musiques sont empreintes d'un ton moderniste (beaucoup plus electro hip-hop et bien moins pop), et la voix de Michael Jackson reste la même, voire... perd de sa magie. Et oui, Michael Jackson ne chante pas, c'est sa voix enregistré dans les années 80 que l'on réentend. Ainsi, le Billie Jean qui nous faisait remuer dès son premier son de basse mythique (qui a ici totalement disparu) nous laisse un goût très amer, tant le beat a été ralenti et tant MJ ne colle pas à ce hip hop. Il en va de même pour Beat It, si les premières notes nous laisse présager du meilleur le thème reprit par un son de guitare electrique affreusement lourd et une boite à rythme plate gâche. Et ainsi de suite pour la majorité des titres, le seul sortant du lot étant l'ancien-nouvel inédit For All Time, où l'on retrouve le Michael Jackson que l'on aime. Le Michael Jackson résolument pop, qui nous entraine par sa voix transportante et sa musique envoutante. Seul titre qui réussit à vraiment charmer l'auditeur mais qui ne légitime pas l'achat.

Ainsi, peut-on parler de « grand retour » de Michael Jackson ? Je crois que non, mais le roi de la pop veut se rapprocher des jeunes générations et c'est chose faite, il sera surement remis en pleine lumière, quant aux nostalgiques, ils n'y trouveront qu'un bel objet, sans fond, où Michael Jackson tente de leur faire avaler des remixes sans valeurs sur des sons qui n'ont pas pris une ride. Comme dirait l'autre : « c'était mieux avant ».

Attendons maintenant la fin de l'année pour écouter ce que donnera son fameux 7even, en esperant qu'il signera enfin son « grand retour ». Car malheureusement pour lui, faire du neuf avec du vieux ça ne prend pas toujours.

Gilles

jeudi 14 février 2008

… je vais te chroniquer un album très BoomBox!

Happy Valentine Day in a Londoner way…

Comment me suis-je retrouvé sur le myspace d’Eurostar London Coming ? A vrai dire je n’en sais rien. Pourquoi me suis-je laissé tenté par ce concours permettant de gagner la compil’ Kitsuné BoomBox mixed by Jerry Bouthier ? Sans doute parce que l’espace d’une seconde je me suis dit : « Pourquoi pas moi ? ». Ma réaction en recevant un e-mail d’Eurostar London Coming m’expliquant que j’étais l’élue, l’heureuse gagnante de cette compil’ ? Relire le mail trois ou quatre fois, me dire que ça n’arrive pas qu’aux autres, et soudainement regretter d’être à 17000km de la boîte aux lettres où allait atterrir ce bijou…

Tout d’abord, soyons honnête, quitte à passer pour une inculte et à se faire lapider par une horde de gens bien. Kitsuné ça me disait bien quelque chose, j’avais écouté quelques uns des titres des fameuses compil’ mais n’en avait jamais acheté une seule !
So what ?!

De retour en métropole, je me rue sur mon courrier, et écoute sans plus tarder cette compil’ regroupant en vrac des titres de Feist, Chromeo, Daft Punk, Big Face, Riot in Belgium, Revolte ou encore Rex The Dog. Le résultat est magnifique, Jerry Bouthier obviously full of talent me fait découvrir et vous fait redécouvrir des tracks énergisants, entraînants, d’un dynamisme à toutes épreuves ! On écoute, on rempli son i-pod et dodelinant de la tête dans les rues de France et de Navarre, on s’imagine déjà se trémoussant au son de ces remixes. Difficile de faire des reproches sur la façon de revisiter ces titres que pour la plupart je n’avais jamais écouté auparavant!
Please do not slog me…

Dès la première piste, on se laisserait facilement bercer par une intro psychotrope de Siobhan Donaghy (Don’t Give It Up) si l’on n’était pas immédiatement secoué par le Weak Generation de Révolte, l’une de mes révélations personnelles sur cet album (mieux vaut tard que jamais)! Les Riot in Belgium, aussi belges que je suis blonde, ne sont pas en reste ! La Musique, trouve complètement sa place dans ce florilège de tracks électroniques. En adepte de Feist, j’étais plutôt réticente à l’idée d’un possible remix de ses chansons. Et pourtant Van She Tech est complètement crédible, sans fausse note, il nous offre un 1, 2, 3, 4 damn so fresh! Je ne listerai pas un par un les titres de cette compilation mais citons tout de même l’incontournable Love des Simian Mobile Disco qui, une fois en tête ne vous lâchera plus et l’efficace Digitalism remix du titre Technologic des Daft Punk. Et c’est alors qu’on en demanderait encore que Digitalism revient pour conclure en beauté cet opus avec un Pogo électrique et magistral.

Merci à Eurostar London Coming. ;D

PS: Plus d'info??!

http://www.myspace.com/maisonkitsune

http://www.myspace.com/jerrybouthier

http://www.myspace.com/familylondon

http://www.myspace.com/eurostarlondoncoming

-Q-

dimanche 10 février 2008

…Je vais te chroniquer les Butter Bullets !

Crack bizz dans ta face,

Parce qu'il faut bien commencer quelque part, le dernier album acheté en date: Crack Bizz des Butter Bullets. Petit topo sur le groupe avant toute chose. Ils sont de Besançon, ils sont 5 : Yung Sid, Monsieur De La, Dj Qoso, Thin Mak et Dr LOOg, ils slaloment entre rap et électro, avec de nettes influences de groupes tels que TTC ou Omnikrom et ne sont pas là pour nous compter fleurette.

Après une première tape en 2006, ils reviennent en 2008 avec un nouvel album Crack Bizz. Un dix-huit titres, plein de fraîcheur, dans lequel apparaissent ces messieurs d’Omnikrom, Tekilatex, Dj Raze, Bobmo ou encore le Genevan Heathen. Une palette d’artistes qui ne laissent présager que du bon.

Une misogynie affichée et assumée, et qui finalement ne déplaît pas toujours aux filles d’aujourd’hui (vous verrez par la suite que j’en suis la preuve vivante), voilà sans doute le fil rouge de cet album ! De grâce, ne nous éternisons pas dans ce débat stérile consistant à déterminer s’ils jouent ou non du second degré. Les Butter Bullets n’y vont pas par quatre chemins ! Ce sont eux les boss, les maq. Ils font ce qu’ils veulent, ont réussi à engrener ta petite amie et te font payer ses faveurs (Ce Que Je Veux). Le message est clair : ils ont du style (Boîtes Oranges), ils sont bons, meilleurs que toi alors tais-toi (Shhut)! Les filles ?! Ce n’est pas un problème ! Ils les aiment sucrées, faciles et dociles. Et bien qu’ils nous trouvent Toutes Belles, ils n’en restent pas moins plein de rancoeurs contre leurs homologues féminins, nous rappelant que si nous avons su les attirer jusque dans notre lit c’était simplement qu’ils étaient trop bourrés! Malgré tout, en écoutant Juste une Goutte de Sang et Je t’Aurai, on a peine à croire qu’ils soient réellement les bad boys qu’ils mettent en scène tout au long de l’album. On aurait presque envie de les prendre dans nos bras pour les consoler. L’amour et ses déboires sont le lot de chacun et les Butter Bullets n’y échappent pas! Si des titres comme Joyeuse St Valentin ou encore Dans la Cuisine laissent les plus sensibles et féministes d’entre nous perplexes voire choqués, le flow percutant de Yung Sid et la maîtrise de Monsieur De La mettront tout le monde d’accord. Côté musique, les habitués des tapes de TTC et de leurs acolytes s’y retrouveront, peut-être même un peu trop ! Le dernier titre Soho, une instru, ravira les moins adeptes des textes acérés de Yung Sid qui trouveront alors la plénitude dans des rythmes lunaires et envoutants. Mais comme rien n’est jamais parfait, regrettons peut-être le peu de variété dans les thèmes abordés ?! Et une influence tekilatexienne ou cuiziniesque parfois trop marquée ?!

Mon petit cul dans leurs mains, un sourire débile aux lèvres, j’attends, quoiqu’il en soit, avec impatience la suite de l’épopée des Butter Bullets ! La très prochaine tape Happy Slapping de Qoso nous donnera surement un bon avant goût de la suite des évènements…

Si vous n'en avez pas assez: www.myspace.com/butterbullets

-Q-