Dessin by Benoît Greant ©, http://www.benoitgreant.be/blog/

vendredi 23 mai 2008

... Je te donne rencard au piano bar !

Jason Beck aka Gonzales aka Gonzo, auto-proclamé the Worst MC, revient avec un nouveau visage (ou simplement avec un autre de ses multiples visages). Gonzales se rassoie derrière son piano, collabore avec un producteur toujours en vogue et s'attache dorénavant à faire ses preuves au chant, tout un programme, l'intitulé du jour s'appelle Soft Power.
Depuis plusieurs années Gonzales avait disparu dans l'ombre de ses productions pour des grands noms comme Charles Aznavour ou Jane Birkin ou encore des artistes plus « modernes » (et pas moins méritants) que sont Philippe Katerine ou Teki Latex. C'est en réalité en 2003 que la pianiste mégalomane s'installe à Paris et qu'il commence à travailler avec Renaud Letang (qui produit déjà Alain Souchon et Manu Chao) les deux compères formant maintenant un véritable duo (connu sous le nom de VV).


Avec Soft Power Gonzales nous montre qu'il n'a pas encore tiré toutes ses gâchettes et que l'autoproclamé génie musicale sait plus que jamais nous parler en musique. Même si certains morceaux peuvent s'y apparenter, où le piano est largement mis en avant, on se trouve bien loin de Solo Piano. Les honneurs reçus sont mis de côté, Gonzo brouille les pistes sans composer avec absurdité, l'image de « musicien crédible » de Solo Piano ne le satisfaisant pas il choisit ici de se mettre en danger par le chant. L'homme écrit alors des textes fait pour lui et compose des musiques étudiées pour sa voix.

Nous voici donc avec une galette éclectique, surfant sur la multitude des genres, sautillant entre mélodie mélancolique et cantique disco. Le génie canadien nous avait habitué, avec ses cinq précédents albums à ne pas s'attacher à un seul genre, Soft Power ne déroge pas à la règle. L'album s'ouvre sur l'entrainant et percutant single Working Together avec son refrain qui entre dans la tête sans jamais en ressortir et ses handclaps qui vous pénètrent. Slow Down nous fait ensuite faire un retour en arrière à l'époque des vrais crooner, un titre très Nat King Cole qui contient un solo de saxophone qui selon Gonzales choque les auditeurs « l'instrument ayant la forme d'un phallus et une forme vaginale en même temps ». On enchaine sur des tubes disco tel que Let's ride, où les choeurs sont assurés par Feist, dont le synthé endiablé nous renvoie sur les pistes de danses des boites de nuits qu'on appelait encore récemment « discothèques », ou le flambant Unrequited love qui pourrait sonner comme un hommage à ABBA par sa puissance disco et ses choeurs entêtants.

Mais le piano reste l'instrument incontournable de Gonzales, et reste pour Soft Power l'instrument phare. Sans tomber dans un Solo Piano bis le pianiste nous sert de magnifiques arrangements sur Theme from In-Between et Modalisa ou encore Map of the World qui nous offre une magnifique et poignante ballade. L'album se conclut sur le somptueux Singing Something accordant la part belle à la voix de Gonzales où celui ci nous transmet sa jubilation à donner de la voix, une ballade puissante, l'incarnation totale du Soft Power.

L'édition limitée de l'album nous offre trois track bonus : le premier, Fortunately – Unfortunately, où Gonzales se montre en rappeur hargneux surréaliste, poussif à souhait. Le second est un remix de Slow DownTeki Latex pose sa voix le temps d'un couplet, rappelant la récente collaboration des deux hommes, le son de l'un et le flow et la voix de l'autre laissent rejaillir une osmose parfaite. Et le troisième et dernier titre, Home Movies, un nouvel hymne au piano retraçant le sillage de Solo Piano, qui sonne comme un retour aux premières amours de Gonzales.

Soft Power rassemble donc une dizaine de titres s'inscrivant chacun dans une époque où le concept des genres qu'ils survolent n'avait pas encore perdu toute son unicité.

Au final, à travers cet album, l'Entertainist continue de remanier sa musique et sa propre image, nous montrant encore une fois les multiples facettes du personnage et nous servant une musique qui se veut intelligente en variant les couleurs et les genres sans jamais entrer dans des complications agaçantes.

Gilles



http://www.myspace.com/gonzpiration
http://www.gonzpiration.com/

samedi 17 mai 2008

…je vais te chroniquer
«Les filles expliquées aux NULS»!!!

Don’t worry, be happy, sinon ça n’en vaut pas la peine…

Sèche tes larmes, ferme les yeux et fait un vœu… Non tu ne rêves pas, Cuizinier et Orgasmic sont de retour pour un troisième et dernier opus de Pour les Filles. Et des filles il y en a, plus que jamais. 3ème opus, trois fois plus d’amour, trois fois plus de filles, trois fois plus de Cuiz. Le chapitre final porte décidément bien son nom, peut-être encore mieux que les précédents.


« It’s all about girls, and girls, and love… ».



Vrai porte-parole de la beauté, la sensualité, la complexité féminine, Cuizinier reprend sa plume pour s’adonner à son jeu favori. Te parler de ce qu’il connaît le mieux, de celles qu’il connaît le mieux. Et quoiqu’on en dise, il maîtrise le sujet. Les filles, partout, tout le temps. Des groupies harcelantes (Dis-Moi Oui) à celles qu’il n’a pas envie de voir ailleurs que dans son lit, plus de secret pour Young Cuiz ! Et voilà qu’en mec sympa, il te dévoile, enfin, les ficelles du succès. Même si, toi-même tu le sais, l’élève ne dépassera jamais le maître.

Il profite aussi de cette nouvelle tape pour une petite mise au point, un bref rappel chronologique sur ce que lui et Orgasmic ont inventé, sur ce concept de poser sur un sample ultra-connu. Inspire-toi, copie-les mais n’oublie pas qui est le maître encore une fois. Teki Latex vient alors en renfort, soutenir son buddy dans un sublime The Good Guys sur le générique de LOST. Côté série américaine, nous sommes servis. Après LOST, c’est au tour de Mac Gyver de passer entre les mains d’Orgasmic. Rien à redire. Tu repenses à ces dimanches après-midi que tu passais chez ta mamie devant la série et ça te donnerait presque envie d’acheter les DVD des aventures de l’homme grâce à qui tu as saisi toutes les utilités du chewing-gum et sans qui tu n’aurais sans doute jamais tanné tes parents pour un couteau suisse !

Ce troisième opus n’oublie pas pour autant nos contemporains français, au menu, Orgasmic nous propose Françoise Hardy et les Rita Mitsouko pour le plus grand plaisir des amis de la chanson française. Il slalome entre beats puissants et mélodies satinées avec la même aisance qu’on lui connaissait dans les précédents opus. Saluons également, le Summer Love que nous proposent Cuizinier et le So Fresh Squad sur une prod de Young Pulse. Et là, ne me dites pas qu’en écoutant ça vous n’avez pas eu même un ridicule petit pincement au cœur, ne me dites pas que ces trois minutes et quarante-huit secondes ne vous ont pas rappelé les vacances de vos 16 ans, en camping à St Jean de Monts. Nostalgie quand tu nous tiens…

Soixante minutes après la mythique intro de Sir Genevan Heathen, après un sample du torride You Can Leave Your Hat On de Joe Cocker, rassasié(e), tu en oublierais presque que la fin de la tape marque aussi la fin d’une époque. Non il n’y aura pas de volume 4. Allez essuie cette larme du revers de ta manche. Dis-toi que ce n’est pas le début de la fin mais tout juste la fin du début. Ce n’est pas un scoop, l’album solo se profile à l’horizon…

-Q-