... je me passe en boucle LA figure incontournable de l'année!

Avant tout il faut savoir que cet album ne s'est pas fait tout seul (« Ah bon ?! »), Lil Wayne était totalement conscient de l'attente immense de ses fans mais ce Tha Carter est celui qui marque la fin de la série il fallait donc qu'il soit à la hauteur de cette attente, raison pour laquelle l'auteur a pris son temps et a de nombreuses fois repoussé la galette, que des morceaux zappés ont fini sur mixtape et que le premier single a mis du temps à voir le jour. Mais le perfectionnisme de Weezy ne fut pas vain, l'album est riche.
L'atmosphère s'impose avec 3-Peat, un crescendo épique où Lil Wayne sort les armes et entre dans la bataille sur un hymne guerrier nous menant à l'union des deux Carter du rap US, Lil Wayne et Jay-Z, sur Mr. Carter. On notera là une légère déception d'un Jay-Z en retrait, s'imposant moins que son acolyte mais heureusement son flow reste toujours très alléchant. Weezy se faufile et s'impose sur tous les styles et se souvient du meilleur de Tha Carter premier du nom avec A Mili, morceau résolument dirty south, élevé très haut par ses basses lourdes. Mais outre les prods coup de poing « Tha President » nous montre également son talent sur des prods moins puissantes mais toute aussi lumineuses à l'image du Comfortable de Kanye West, s'accompagnant du chant envoutant du crooner Babyface, un régal pour les oreilles. Et les amoureux de ballades énergiques ne seront pas en reste avec Tie My Hands et Shoot me down, le premier titre est un hommage flambant à sa ville, la Nouvelle Orléans, détruite par l'ouragan Katrina. Le flow gorge serrée de Lil Wayne s'y marie merveilleusement bien à la voix mielleuse de Robin Thicke, faisant de ce titre une complainte élégiaque par excellence. Mais Lil Wayne ne s'arrête pas là et continue sa démonstration de rappeur universel en posant sur des prods plus jubilatoire orientées pop-bubble gum, des tubes faits pour les clubs. A l'image de Lollipop, le premier single de l'album, featuring Static Major (mort deux semaines avant la sortie de la track). Un son pop-rétro couplé à des voix vocodés illuminent cette track qui jouit d'une atmosphère enchanteresse. Titre aussitôt suivi par La la où Lil Wayne retombe en enfance sur un air sautillant, suivi par Brico et Busta Rhymes, ce dernier n'ayant pas à se forcer pour s'intégrer dans le trip à la perfection, c'est déjanté, comique, burlesque, tout ce dans quoi Busta Rhymes excelle. Ce trip drolatique est d'ailleurs parfaitement porté par Weezy qui sur Dr. Carter s'imagine en docteur soignant les rappeurs souffrant d'incapacité aiguë à briller. Lil Wayne le bienfaiteur, défenseur de la cause du rap US, nous sert là une track imagée pleine d'hilarantes trouvailles savoureuses (qui ne plaira probablement pas à tous les auditeurs du milieu ) posées avec brio sur un pur son jazzy produit par le bluffant Swizz Beatz.

Tha Carter III s'impose donc par sa variété des styles et par son auteur charismatique et intenable qu'est Lil Wayne. Il est agité et spontané mais aussi ingénieux et perfectionniste, cocktail explosif qui fait que l'on se retrouve alors avec un rap esthétique tant par les prods (toutes hautes gammes) que par les nombreux flow avec lesquels Lil Wayne nous apparaît (variant souvent dans un même morceau). On pourrait qualifier ce rap d'abstrait, passant du construit au farfelu en passant par l'extravagant et le sage modéré, ce qui ne plaira évidemment pas à tout le monde.
The « Best rapper alive » nous prouve son talent par sa créativité débordante, son génie et tout simplement ses envies. Il fait le rap qu'il aime, le rap qu'il conçoit. Alors pouvons nous parler de Tha Carter III comme d'un classique ? Modérons nos propos pour l'instant, laissons ce disque faire son chemin et rendez vous dans 10 ans.
Pour conclure on ne peut qu' encore une fois nous enthousiasmer en nous disant « heureusement que la pochette d'un disque ne reflète pas son contenu ». Comprenne qui pourra.
Gilles
1 commentaire:
"... au dernier numéro de Femme Actuelle."
A ce moment, la honte s'abattit sur moi dans un grand fracas. Badaboum!
Good shit ;D
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