A l'heure des grandes chaines de télévisions, d'internet et de la téléphonie mobile l'information ne s'est jamais transmise aussi vite, de ce fait nous pouvons tout savoir sur les blockbusters avant même leur sortie. Mais J.J. Abrams, réalisateur de la série Lost, a réussi à échapper à ses monstres infernaux des médias pour garder ultra secret sa nouvelle bombe.
Tout a commencé sur Internet avec un teaser sans voix-off, où l'on voyait une fête battre son plein dans un immeuble de Manhattan, rapidement interrompue par une série d'explosions... et rien d'autres, si ce n'est le nom de J.J. Abrams et la date de sortie US du film, ce qui a suffit à attiser la curiosité de milliers d'internautes et ainsi créer un buzz sans précédent sur la toile, les internautes essayant de décoder les mystères qui planent autour de ce teaser. Pour que rien ne filtre J.J. Abrams a evidemment sorti le grand jeu, le tournage était verrouillé : le film a été tourné en 33 jours, les acteurs, qui découvraient le script au fur et à mesure du tournage, étaient inconnus du grand public et ont signé un contrat leur interdisant de révéler la moindre information, et pour finir le film a changé plusieurs fois de nom. Autant dire que le mystère était entier, et l'est resté jusqu'à la sortie du film.
Maintenant on peut se demander : comment détruit-on Manhattan pendant 33 jours, pour 1h30 de film, sans que cela se sache ?
Cloverfield commence donc paisiblement lors d'un réveil, à l'aube, avec une vue imprenable sur la grandeur de Manhattan. Nous nous retrouvons rapidement dans un grand appartement new-yorkais où de nombreux amis de Rob lui ont organisé une fête en l'honneur de son départ pour le Japon. Parmi eux nous faisons la connaissance de Hub, chargé de tenir la caméra pour immortaliser la soirée. Et la fête bat son plein jusqu'à ce qu'une secousse inattendue vienne interrompre les esprits échauffés. Tout le monde se précipite dans la rue, aperçoit une ombre, entend un son sourd... et la tête de la Statue de la Liberté vient s'abattre sur l'avenue. La soirée ne fait que commencer...
Certains pourront donc avoir l'appréhension de trouver ici un énième film de monstre, où les americains vont combattre la bête descendue d'une autre planète avant que celle ci ne détruise notre bonne vieille terre, et cette nation s'afficher une nouvelle fois dans une liesse populaire triomphatrice.
Détrompez vous, il en est tout autre dans le cas de Cloverfield l'intrigue étant basé sur notre bande de jeunes et sur leur survie. Cloverfield n'est pas le film d'un monstre mais le film de personnages.
Et J.J Abrams nous plonge au sein de cette fine équipe grâce à un système de caméra astucieux, mais pas révolutionnaire. Il emprunte en effet le système de caméra à l'épaule largement déjà exploité dans le Projet Blair Witch, nous suivons ainsi notre bande de jeunes via le caméscope tenu par Hub, et les images se succèdent, hachées, d'une force indiscutable. Mais si les images filmées dans le sautillement d'une caméra tenue à la main acquièrent une dimension de réalité démesurées, elles ne retiendront pas de filer la nausée à bon nombre de spectateurs, trop sensibles aux mouvements incessants de la caméra. Mais la force de ce point de vue est de permettre au spectacteur d'être plongé au coeur de Manhattan aux côtés de Rob et sa bande, cela est immersif à souhait et permet des images d'une beauté agressive comme on en a jamais vu avant dans un film de ce genre. Imaginez-vous courant vers le monstre pour atteindre la bouche de métro toute proche, des militaires derrière vous tirant sur la bête, et celle ci poussant des cris infernaux et détruisant tout sur son passage. Cela fait son effet, et vous fera décoller de votre siège.
Toute la qualité de Cloverfield tient dans son esthétisme, chaque scène est prétexte à en mettre plein la vue au spectateur, et cette surabondance d'effets visuels ne gâchent en rien le fond du film qui n'oublie pas que son récit tient sur la relation qui existe entre les personnages.
Donc oubliez Godzilla, l'Amérique a maintenant son propre monstre et il est énorme !
Gilles

1 commentaire:
Bien joué!!! T'as gagné le droit de m'inviter au ciné maintenant, j'ai envie d'aller le voir ce Cloverfield... ;D
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